Parcours d’une Église synodale
Mgr Gilles Côté, s.m.m., chez les Papous

 

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Histoire de mon engagement

Une expérience d'Église de participation et de communion chez les Papous

Réflexions sur la synodalité

 

Histoire de mon engagement - Faits marquants

 

1971 – Guide durant l’été au Pavillon missionnaire de l’Océanie durant l’Exposition Internationale à l’île Ste Hélène

1971 – Prédiction missionnaire – quelques fins de semaines

1971 – Départ le 6 novembre pour la Papouasie. Durant mes longues années comme missionnaire en Papouasie, j’ai vécu plusieurs départs et plusieurs retours. Mes parents auraient certainement aimé que je sois un peu plus près d’eux, mais ils n’ont jamais essayé de me faire changer d’idée et de rester au Canada. Je voyais bien que les parents d’un missionnaire deviennent missionnaires avec lui et j’en fus toujours reconnaissant.

1971 – Fin de novembre – arrivé en Papouasie Nouvelle-Guinée.

1971 – 6 Décembre – curé à Kungim – premier contact.

1971 - Octobre 1972 à octobre 1974 – curé à la paroisse de Matkomnai.

1975 – Remplacer le curé de la paroisse de Daru durant son congé au pays.

1976 – Premières vacances au Canada (prédications missionnaires au Canada) séminaire sur l’évangélisation dans notre diocèse.

1976 – 1982 – curé à Lower Bamu, où nous commencions l’évangélisation. Lors du séminaire sur l’évangélisation tenu en 1976, alors que j’étais en congé au Canada, il a été décidé d’organiser une paroisse sans le choix d’un village comme centre de la paroisse, où il y aurait un presbytère, un couvent pour les religieuses, un petit magasin, une chapelle plus grande, etc. Je me suis porté volontaire pour faire cette expérience. Nous n’avions pas de maison à cet endroit appelé Lower Bamu. Lors de nos visites dans ces villages, nous demeurions dans la maison du catéchiste ou une autre maison que les gens libéraient pour nous pour la durée de notre visite. Chaque village recevait la même attention et les mêmes services. Au début nous visitions seulement un village et à mon départ en 1982 notre Église était vivante dans 13 villages.

1980 – Maladie – j’ai eu une hépatite sévère vers la fin de janvier. Long séjour au Canada afin de retrouver mes forces, et décision de retourner en Papouasie en novembre, même si je sentais que ma santé n’était pas encore à son meilleur.

1981- 82 - deux séminaires de trois semaines sur le renouveau de la paroisse (NIP – Nouvelle Image de la Paroisse) facilités par le Mouvement pour un Monde meilleur – acceptation aux deux séminaires afin d’aller de l’avant avec ce programme.

1982 – 1990 – curé à Kiunga, paroisse saint Gérard et ouverture de la paroisse sainte Brigid. Nommé Vicaire Général. Notre équipe paroissiale a décidé de commencer le programme de la Nouvelle Image de la Paroisse dans nos deux paroisses. Nous avons offert beaucoup de formation à nos leaders dans les deux paroisses, et organisé une équipe de coordination dans chacune des paroisses. Nous avons également amélioré la communication et l’information en vue de favoriser la participation et la communion.

1983 - En vue de faire partie de l’équipe diocésaine de Pastorale, j’ai participé à plusieurs sessions de formations offertes par le Mouvement pour un Monde meilleur, au sujet du programme de renouveau de la paroisse; et puis à partir de 1994 du projet de renouveau du diocèse.

- Quatre sessions de trois semaines suivies à Rome au centre du Mouvement pour un Monde meilleur et une session à Pattaya en Thaïlande. Quelques sessions de trois semaines données en Papouasie Nouvelle Guinée sur le renouveau de la paroisse et puis du diocèse. Une session donnée à Brisbane en Australie sur le renouveau du diocèse. J’ai facilité certaines de ces sessions, partageant ma riche expérience avec les autres. Ces sessions traitaient de la méthode prospective, de théologie, de spiritualité, des sciences sociales telles que la sociologie, la psychologie, les communications, des méthodes à utiliser pour favoriser la participation et bâtir la communion. Nous avons également envoyé un prêtre papou, un laïc papou et une laïque papoue participer à une session de trois semaines à Rome. Tout cela en vue de les préparer à faire partie de l’Équipe d’Animation pastorale du Diocèse.

- Le Mouvement pour un Monde meilleur avait comme mission d’assister les prêtres qui désiraient mettre en application dans leur paroisse les enseignements du Concile Vatican II sur l’Église, et aux évêques qui voulaient le même renouveau au niveau de leur diocèse.

Le 19 janvier 1990 – accident de notre avion missionnaire. J’ai survécu à cet accident dans lequel le prêtre pilote, une religieuse et un petit enfant sont décédés. Retour au Canada pour une période de récupération (santé, guérison des brûlures, etc.) Une année d’étude à l’Institut de Formation humaine Intégrale de Montréal. Après 15 mois au pays, j’avais à décider de retourner ou non en Papouasie. Mgr. Gérard Deschamps, mon évêque en Papouasie, était vraiment à court de prêtres et désirait de tout cœur que je retourne. Quant à moi, le missionnaire était toujours très vivant dans mon cœur. Malgré cela, je devais prendre le temps nécessaire afin de discerner quel était le plan de Dieu. Retourner comme missionnaire en Papouasie demanderait beaucoup de courage, d’énergie, de sacrifices et d’engagement. Il me faudrait également prendre l’avion souvent si je retournais là-bas, et l’expérience de l’écrasement de notre avion avait toujours un impact sur moi.

Finalement, j’ai décidé de retourner, de continuer à donner le meilleur de moi-même, à mettre Jésus et mes chers Papous avant ma personne. Mais j’ai prié fort, demandant à Marie de continuer à m’accompagner dans ma mission et au Seigneur de prendre bien soin de moi, afin que je puisse continuer la mission de Jésus. Et c’est à l’automne 1991 que je suis retourné.

Ce retour en Papouasie m’a permis de vivre une riche expérience d’une Église de participation et de communion. On n’a jamais utilisé le mot synodal, mais c’est une démarche synodale que nous avons adaptée afin d’écrire notre plan pastoral diocésain. Cette façon de faire, inspirée par le Saint Esprit est devenue par la suite notre façon d’être Église et de vivre comme Église.

Nov. 1991 au 23 avril 1995 – retour à la paroisse St. Gérard et toujours Vicaire général. En plus de cela, je faisais partie de l’Équipe diocésaine de Pastorale (DPT). Notre travail consistait à étudier les documents et dossiers venant du Mouvement pour un Monde meilleur et ensuite de donner de la formation à nos équipes paroissiales.

1995 – le 23 avril – mon ordination épiscopale comme évêque auxiliaire du diocèse de Daru-Kiunga. J’ai alors appris à devenir évêque en suivant l’exemple de Mgr. Gérard Deschamps, qui fut en charge comme Préfet apostolique de la mission montfortaine et puis Évêque du diocèse après l’année 1966. Quel bel exemple à suivre et quel homme de qui apprendre. J’ai continué à être le Vicaire général et aussi le Vicaire pastoral du diocèse. Ce qui veut concrètement dire que je devenais responsable, avec l’équipe d’animation pastorale du Diocèse, de la mise en oeuvre du programme du renouveau du diocèse. Nous avions une excellente équipe composée d’un père montfortain avec expérience, d’une religieuse avec un diplôme et une riche expérience pastorale, et d’un homme papou et d’une femme papoue. N’ayant plus la responsabilité d’une paroisse, j’ai eu l’occasion de prêcher quelques retraites aux religieuses dans le pays.

Je devais me choisir une devise et aussi mes armoiries comme évêque. Deux devises possibles m’intéressaient. La première était la parole que Marie a dite aux servants aux noces de Cana quand Jésus a changé l’eau en vin. Elle a dit « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jean 2, 5). Mais je pensais que mon ministère en tant qu’évêque serait de mettre en œuvre avec les gens le renouveau du diocèse. Et le renouveau faisait appel à la participation de tout le monde, à la communion et à l’engagement au service les uns aux autres. C’est cette pensée qui m’a amené à choisir une devise en ligne avec mon ministère futur comme évêque : BÂTIR L’UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ.

Photo de mes armoiries

Armoiries de Mgr Gilles Côté

Explication de mes armoiries.

Mes armoiries veulent signifier d’abord mes lieux d’origine et d’adoption. D’une part, la constellation de la Petite Ourse avec l’étoile polaire symbolise le Canada. D’autre part, la constellation de la Croix du Sud (Présente sur le drapeau de la Papouasie Nouvelle-Guinée) représente mon pays d’adoption et de travail.

Mon appartenance montfortaine s’affirme dans deux autres symboles. D’abord, le livre réfère à la Bible, le but des montfortains étant l’évangélisation. Ensuite le « M » stylisé évoque la Vierge Marie, personne-clé de la spiritualité de Montfort.

Deux autres symboles complètent mes armoiries. Les lignes ondulées évoquent l’eau, signe de vie nouvelle en Jésus-Christ au baptême, signe aussi du diocèse où je travaille, cette contrée étant traversée par l’immense Fleuve Fly, véritable épine dorsale du territoire. La large diagonale verte évoque à la fois le peuple de Dieu en marche sur un chemin d’espérance, et la forêt équatoriale où vivent la plupart des Papous de la Western Province.

Enfin les deux teintes de bleu, les étoiles des deux hémisphères, ainsi que les lignes ondulées et le livre de la Bible traversant la large diagonale, signifient l’unité dans la diversité, l’Église, Corps du Christ, faite de plusieurs membres, tous animés par le même Esprit.

En 1994 – Première présentation du projet de renouveau du diocèse. Le consensus des prêtres ne fut pas obtenu mais on a voté pour la formation de l’Équipe d’animation pastorale du Diocèse. Celle-ci a préparé des sessions d’études sur le renouveau du diocèse.

Et finalement en 1996, le consensus fut obtenu pour passer du programme NIP (Nouvelle Image de la Paroisse) au programme PRD (Programme de Renouveau du Diocèse).

1996 – 1999 – avec la participation de tous nos chrétiens et l’inspiration du Saint Esprit, nous avons écrit notre plan diocésain de pastorale. Je reviendrai sur ces quatre années de grande importance pour le diocèse.

1999 – 14 mars, je suis devenu le deuxième évêque du diocèse de Daru-Kiunga.

1999 – novembre – première grande assemblée diocésaine avec acceptation à l’unanimité de notre plan diocésain de pastorale, pour la principale raison que nous avions travaillé ensemble durant 4 années pour l’écrire. Les années passées à travailler ensemble ont bâti la confiance, la fraternité et la communion. Tous et toutes se sentaient responsables d’avoir écrit un plan pastoral pour le diocèse en ligne avec l’enseignement du Concile Vatican II et le désir de Dieu pour son Église diocésaine. C’est pour cette raison que j’ai déclaré fortement que « nous et l’Esprit Saint » avions élaboré ce plan pastoral en respectant l’enseignement de l’Église et les valeurs principales de la culture mélanésienne. C’était en fait le plan d’un Église catholique mélanésienne.

NOTE : Les activités de 1996 à 2021 font partie du Programme du Renouveau du Diocèse, et montreront comment nous avons bâti une Église de participation, de communion et de mission.